French presentation I International Congress of Phraseology and Translation in Latin America

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I International Congress of Phraseology and Translation in Latin America

French presentation

PREMIER CONGRÈS INTERNATIONAL DE PHRASÉOLOGIE ET TRADUCTION EN AMÉRIQUE LATINE

CO-ORGANISÉ PAR L’UNIVERSITÉ D’ALICANTE, DÉPARTEMENT DE TRADUCTION ET INTERPRÉTATION, GROUPE DE RECHERCHE FRASYTRAM ET L’UNIVERSITÉ RICARDO PALMA (PÉROU)

 

24, 25 et 26 septembre 2018

Université Ricardo Palma (Lima-Pérou)

 

 

Congrès international de phraséologie (en Amérique Latine), Université Ricardo Palma.

Site web: https://dti.ua.es/es/congreso-internacional-fraseologia-hispanoamerica/i-congreso-internacional-de-fraseologia-y-traduccion-en-hispanoamerica.html

mail de contact: congresofrastradhis@gmail.com

 

Phraséologie, Variations / Diatopie, Traduction.

Dans toutes les langues et lors des actes de communication, les personnes utilisent chaque jour des combinaisons linguistiques connues comme unités phraséologiques (UP), caractérisées par leur fixation institutionnalisée, et très fréquemment, par leur opacité. La phraséologie, traitée dans l’antiquité en parent pauvre de la linguistique, est devenue depuis la fin du XXème siècle l’un des sujets de recherche parmi les plus populaires, mais également l’un des plus étudiés au sein des nombreuses langues. Les différents types d’unités phraséologiques (UP) sont de nos jours exhaustivement analysées par de nombreux linguistes et groupes de recherche. Il convient de souligner que, lors des trente dernières années, les études focalisent sur : les classements théoriques des UP ; les propriétés telles que l’idiomaticité, la métaphorisation, l’iconicité, etc. ; des travaux lexicographiques, didactique ; etc. Ces études et analyses soit monolinguistiques, soit contrastifs, mettent en évidence non seulement les multiples typologies clairement différenciées des UP (Corpas Pastor 1997, García-Page Sánchez 2008) mais aussi (et grâce aux possibilités offertes par l’informatisation des corpus et aux calculs de représentativité) l’usage généralisé de la fixation dans toutes les langues, sans exception.

 

Parmi ces UP nous trouvons des proverbes (de tal palo tal astillade noche todos los gatos son pardos), des locutions (estar en la lunadormirse en los laureles), des collocations, des formules routinières ou pragmatèmes, ce qui pose d’habitude aussi bien aux traducteurs qu’aux usagers et débutants en langues de nombreux problèmes d’équivalence. Leur utilisation vise un objectif discursif très concis, car elles représentent la volonté de l’émetteur d’utiliser lors de l’acte de communication une expression figée approuvée par la plupart de la communauté des locuteurs, tout en ajoutant une nuance culturelle, sociale, générationnelle, une fonction expressive, stylistique, etc.

Dans le cadre de ce Congrès Phraséologique, nous voudrions ouvrir encore plus l’éventail des études phraséologiques, et traiter la problématique des variations phraséologiques dans le domaine de la lexicographie tout comme dans celui de la traduction.

Effectivement, les travaux concernant la phraséologie mettaient autrefois l’accent sur la fixation totale des composants et des structures de ces expressions pluri-verbales. Actuellement, la variation des UP est un fait incontestable et il est présent dans de nombreux travaux et analyses. Si cela ne suffisait pas, dans le cas des langues comme l’espagnol, l’anglais, le français, parlés dans de nombreux pays, de nouvelles créations et variations diatopiques apparaissent. Même si ces expressions diatopiques ont été compilées ou analysées dans leur territoire d’influence (par exemple le DRAE et le María Moliner contiennent environ 700 constructions verbales figées hispano-américaines  et les dictionnaires hispano-américains normalement n’incluent que les UP de leur région ou pays), des compilations exhaustives permettant de connaître toutes les expressions n’ont pas été élaborées, de même que des analyses contrastives permettant d’observer les similitudes et différences entre ces créations diatopiques et tous les référents culturels relatifs à l'idiosyncrasie.

L'intérêt de cette thématique réside dans l'ambiguïté de la notion de la variation qui peut être étudiée, comme par exemple, à partir des deux acceptions suivantes :

- La première fait allusion à tous les changements que les séquences figées peuvent présenter, comme les paradigmes fermés, ainsi que toutes les structurations et transformations qui peuvent subir lors du discours.

- La deuxième, qui n'est pas propre à la fixation, est liée aux différentes variations qu’une même séquence peut avoir selon les aires géographiques (variations diatopiques), registres de langues (variations diaphasiques), locuteurs (variations diastratiques), etc.

Dans le domaine de la traduction, les problèmes de polysémie et de synonymie, qui ne sont toujours pas les mêmes entre deux langues, ne sont que la pointe de l'iceberg, et de nos jours, l’interculturalité devient de plus en plus l’un des grands axes au sein des études traductologiques, que ce soit en traduction ou en interprétation. Cette nouvelle situation fait que les traducteurs ne puissent pas se limiter à établir une simple comparaison de structures linguistiques, laissant de côté les contenus rhétoriques, stylistiques, culturels et même diatopiques, présents dans de nombreux textes. En effet, la validation des unités linguistiques lors du processus de traduction a généralement reposé sur la recherche d’une équivalence fonctionnelle, sans prendre en considération d’autres caractéristiques. Les études descriptives en traduction et l’implication de la valeur interculturelle ont renversé cette situation. Actuellement, le problème de base est, sans doute, la recherche de l’équivalence (G. Corpas 1997 ; J. Sevilla 204, 2006 ; Mogorrón 2008 ; etc.) accompagnée des traditionnelles difficultés liées aux niveaux de langue, fréquence d’utilisation, usages régionaux ou diatopiques, etc.

Comme preuve de la complexité de cette phase, il convient de rappeler que de nombreux concepts existent dans beaucoup de langues, si fréquents dans les situations de communication entre les groupes de locuteurs au sein de nombreuses sociétés ou de langues, que les usagers de ces langues ont créé de nombreuses expressions, des combinaisons de mots ayant la même signification, pour y faire allusion. En ce cas-là, nous pourrions trouver des groupes parasynonymes d’UP qui peuvent aller d’une paire d’expressions jusqu’à des groupes constitués par de dizaines de composants. Nous pouvons ainsi trouver, pour « être distrait », « être dans la lune » : 

en Espagne: andar (alguien) en las nubes (RAE); andar (alguien) por las nubes (DUE); cazar (alguien) tilingos (RAE);  [contarestar contandoponerse a contar] (alguien) las vigas (RAE); [estarquedar] (alguiena uvas (EPM); estar (alguien) en Babia (DUE); [estar, estar bailando] (alguien) en Belén (RAE);  estar (alguien)  con la torta (DTDFH); estar (alguien) con los angelitos (RAE); estar (alguien) en el limbo (RAE);  estar (alguien) en la higuera (RAE);  estar (alguien) en la luna (DUE); estar (alguien) en la parra; estar (alguien) en las Batuecas (DUE); estar (alguien) en las nubes (DUE); estar (alguien)  pensando en la mona de Pascua (DTDFH); ir (alguien) a por uvas (Akal); [mirar a, pensar en] las musarañas (RAE); mirar (alguien) las telarañas (LARBI); quedarse (alguien) encantado (DUE); tener (alguien) la cabeza a las once (RAE); tener (alguien) la cabeza a pájaros (RAE); tener (alguien) la cabeza en el aire (viva voz) tener (alguien) la cabeza en la luna (viva voz); tener (alguien)  la cabeza en las nubes (RAE); tocar (alguien) el violón (RAE); tocar (alguien) el violón a dos manos (DTDFH); vivir (alguien) en las nubes (DUE); etc.

en Amérique Latine: [andarvivirpasársela] (alguien) en la luna (DEUEM, Mexique,  Chili); [andarestar] (alguien) fuera de onda (DTDFH, Mexique);  cortar (alguien) varas (DdAm, Guatemala, Honduras, Nicaragua); estar (alguien) con la torta (DTDFH); estar (alguien) en el aire (RAE; Cuba); estar (alguien) en la estratosfera (DFHA, Argentine); estar (alguien) en otra (DFHA, Argentine); estar (alguien) papando moscas (GDLA, Argentine); estar (alguien) en la luna de Paita (Bolivie, Equateur, Pérou); estar (alguien) en la luna de Paita y el sol de Colán (Pérou); estar (alguien) en las nebulosas (RAE, Vénézuela); estar (alguien) fuera de onda (DTDFH, Mexique); estar (alguien) pensando en los pajaritos de colores (DTDFH, Argentine); mirar (alguien) la luna (DOCS); pensar (alguien) en la inmortalidad del cangrejo (DFHA, DdAm, Mexique, Guatemala, Honduras, El Salvador, Nicaragua, Paraguay, Cuba, République dominicaine, Vénézuela, Equateur, Bolivie, Uruguay); pensar en la inmortalidad del mosquito (DdAm, Pérou); pensar (alguien) en las muelas del gallo (DdAm, Guatemala); pensar (alguien) en los anteojos del gallo (DdAm, Guatemala); pensar (alguien) en los huevos del gallo (DdAm, Costa Rica); quedarse (alguien) en China (DdAm, Cuba);  [ser, tener] (alguien) cabeza de novia (GDLA, Argentine); tener (alguien) la cabeza en los pies (DEUEM, Mexique); vivir (alguien) en el limbo (GDLA, Argentine).

Pour une femme enceinte:

enfermar(sede niño (AoMéx, Mexique); esperar a la cigüeña (DUE);  esperar familia (DTDFH); esperar la cigüeña (DTDFH); estar de compra (GDLA); estar de compras (DHA, Argentine); estar de encargo (GDFHL, Mexique); estar en estado (RAE), estar en estado de buena esperanza (RAE); estar en estado interesante (RAE); estar en la dulce espera (DTDFH, Argentine); estar gorda (DTDFH, Argentine, Bolivie, Chili); estar gorda de hombre (DTDFH, Mexique); estar panzona (AoMex, Mexique); estar pipona (DTDFH, Guatemala); haber(leprendido la vacuna (DRLE, Argentine, Paraguay); etc.

Pour sécher les cours, le étudiants devrions:

capar clase (RAE, Colombie); capar  colegio (DDHisp, Colombie); comer jobos (RAE, Porto Rico); correr el venado (DRLE, Guatemala, Mexique); fumarse [la claselas clases] (DDFEJC); hacer bolas (RAE); hacer cimarra (DRLE, Argentine, Chili); hacer corrales (RAE); hacer fuchina (EPM); hacer gorra (DTDFH); hacer la yuta (DRLE, Amérique andine, Cône Sud); hacer novillos (DUE); hacer pellas (DUE); hacer pimienta (DRLE); hacer la chupina(GDLA, Argentine); hacer la rabona (DRLE, Argentine); hacer la vaca (DRLE; Amérique andine); hacer rabona (RAE); hacerse la rata (DRLE; Argentine); irse de jobillos (DRLE, Porto Rico); irse de pinta (DRLE; Mexique); irse de pira (DUE); pintar el venado (DRLE; Guatemala, Mexique); pirárselas (DUE); etc.

La recherche phraséologique de l'équivalence ne peut pas donc laisser de côté la connaissance des caractéristiques inhérentes aux UP susmentionnées (qu’elles soient ou non diatopiques) afin d'utiliser / abstraire dans tous les cas des valeurs linguistiques, formelles, sémantiques, diastratiques, connotatives qu’il faut souligner dans la langue et culture d’origine tout comme dans la langue et culture ciblées.

Nous pouvons trouver ces deux types de variations dans la langue générale mais également dans les langues de spécialité. Même si dans la langue générale nous remarquons trois centres d'intérêt, la structuration, les différences géographiques, stylistiques et individuelles et la réalité collocationnelle, de son côté, les langues de spécialité constituent un terrain favorable pour étudier la dimension terminologique et la phraséologie spécialisée.

Comme objet d’étude, il y a de différents axes de réflexion:

- Dimension théorique des deux types de variations, relative au statut des unités au sein de la même variante et dans ses rapports avec les variantes dans des cadres de la même variante, et dans ses rapports avec les variantes dans des cadres différents : des éléments définitoires, mode de fonctionnement, utilisation, etc.

- Constitution de corpus directement liés aux variantes et gestion de bases de données constituant des rapports parmi les types de variantes.

- La variation géographique dans les grands espaces linguistiques (francophonie, hispanophonie, arabophonie, anglophonie, etc.).

- Les variantes sociales : différences de registres, sociolectes (des corpus professionnels, des générations, etc.) et des formules euphémiques.

- Les variantes individuelles telles qu’elles sont réalisées dans les idiolectes, qui définissent par exemple au sein des textes littéraires le style des auteurs ou la façon dont certains individus parlent.

- Les variantes propres aux jargons et aux langues de spécialité.

- Les variantes pragmatiques comme les pragmatèmes, etc.

La variation phraséologique peut également avoir des dimensions d’application : enseignement des langues, traduction et traitement automatique des langues.